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A l’origine

Il y a 3000 ans, les Egyptiens lors de cérémonies religieuses, dans les temples, utilisaient les plantes aromatiques en fumigation afin d’établir un lien entre l’homme et le monde des dieux. Ils en avaient une grande connaissance et les utilisaient de nombreuses façons, médicinales, dans la fabrication de cosmétiques, parfums, huiles, onguents. La plante aromatique se différencie des autres végétaux par ses principes odoriférants et parfumés. Ces effluves peuvent se décliner en arôme de base, anisé, brûlé, camphré, mentholé, éthéré, floral, piquant, musqué et même putride.

Fraîche, la plante contient environ 80% d’eau, elle peut être employée comme médicinale, en cuisine ou en cosmétique, bienfaitrice même au jardin. Séchée, elle perd une partie de son essence. La conservation des aromatiques se fait à l’abri de l’humidité, de la chaleur et de la lumière. Certaines aromatiques contiennent des huiles essentielles utilisées en parfumerie : le basilic, la lavande, la marjolaine, la menthe, la mélisse, le romarin, la sauge, la verveine. Elles entrent souvent dans les compositions herbacées, fougères ou épicées. Elles peuvent apporter du tonique, du fruité selon les molécules odorantes, qu’elles contiennent. Le Moyen Age fut le règne de l’aromate. Tous les jardins de couvent, de châteaux avaient leurs carrés d’aromatiques. Le début du XXème siècle, marque un déclin de l’usage des plantes aromatiques et médicinales.


Notre monde devient un chassé-croisé d’odeurs qui s’infiltrent à notre insu dans notre quotidien afin que notre mémoire olfactive nous les fasse resurgir à la première émotion.


La lavande
, Lavandula augustifolia Miller Lamcées


Ses différents bleus, ses senteurs, sont intimement liés à la Provence. Cette aromatique est indissociable de nos jours à une odeur de fraîcheur, sa fragrance est à la fois fine et puissante, tonique et apaisante.


A l’origine

Le mot lavande vient du latin lavare, qui signifie laver, qui va donner également lavandière. Son odeur représente une note florale, de propreté.


De l’histoire

Les Romains se lavaient déjà avec des brins de lavande, elle parfumait leurs bains, leurs linges. Au Moyen-Age, on la trouve dans tous les jardins de monastère comme médicinale et pour des préparations cosmétiques, eaux de toilettes, onguents, soins de la peau.

Au XIVème siècle les eaux d’aromatiques sont très en vogue. Tous les jardins royaux possèdent quelques carrés de Lavande. Marguerite de Flandres, duchesse de Bourgogne dans ses résidences de Rouvres, près de Dijon et de Germolles, près de Chalon sur Saône, fait cultiver la Lavande, pour obtenir une eau florale de la Lavande. La Lavande parfume le vinaigre qui sert à la toilette sèche c’est à dire qu’on frottait les différentes parties de son corps avec ce vinaigre parfumé afin d’enlever toutes traces d’impureté. La frontière entre médicinale et aromatique est mince.

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème la Lavande anglaise prévalait sur la française. C’est lors de l’Exposition universelle de 1901 que les Parisiens commencent à se réapproprier la Lavande française.

Au XXème siècle, les premières cultures de la Lavande en Provence apparaissent. Elles vont changer le paysage provençal. Il fallut attendre la mécanisation pour pouvoir atteindre ces champs de lavande difficilement accessibles.

En Provence, il y a encore une cinquantaine d’années, c’est en famille qu’on cueillait la Lavande, les hommes distillaient sur place avec des alambics montés sur des remorques, les femmes coupaient, les enfants nouaient les bouquets, les nourrissons dormaient sur des petits matelas faits de fleurs de Lavande. Actuellement la culture de la lavande officinale, la vraie, la fine, la Bleue est supplanté par la culture du Lavandin. Celui-ci a un rapport deux fois plus bénéfique. Mais il n’entre pas dans la composition de la parfumerie, il est utilisé que pour les usages industriels tels que la savonnerie etc.


Un peu de botanique

Trois espèces embaument les collines méditerranéennes, l’officinale plus connue sous « la fine, la vraie », l’aspic et la stoechas.


La lavande officinale : possède une fleur plus petite, de forme rectangulaire, sa tige est plus courte, plus fine. Sa fragrance est délicate, fleurie, elle sent le « propre ». Elle entre dans les produits cosmétiques, elle est destinée à la parfumerie.


L’aspic : préfère les collines de basse altitude, est reconnaissable à sa fleur plus longue, plus pointue. Ses feuilles sont en forme de spatule, son odeur est plus camphrée


La stoechas : a une fleur bien carré, aux ailes de papillons. Elle pousse dans les régions plus chaudes et siliceuses, en bordure de méditerranée. Elle n’a pas d’usage cosmétique et guère d’usage médicinal
 lavandin : hybride issu du croisement de l’officinale et de l’aspic, crée pour les besoins de la mécanisation de sa cuture intensive. Sa fleur en forme d’épi, sa tige plus longue et sa fragrance plus camphrée.


Des propriétés 

La lavande vraie, en infusion, est efficace contre les migraines, celles d’origine digestive. Elle possède des propriétés stomachiques et antispasmodiques, on l’indique aussi dans les vertiges, la toux, les affections bronchiques. C’est une des rares huiles essentielles qu’on peut donner aux enfants. L’essence de lavande s’utilise d’abord pour ses effets désinfectants, cicatrisants. Sur le cuir chevelu quelques gouttes suffisent pour éloigner les poux. Diluées dans un verre d’eau chaude deux ou trois gouttes d’huile essentielle sont efficaces, en inhalation, contre les rhinites, bronchites. Les bains de lavande sont indiqués pour les enfants qui ont des problèmes de peaux, dermatoses.


Ses modes d’extraction

Sa récolte se fait en juillet, à midi au moment le plus chaud de la journée. Les « bottes » de Lavande sont coupées laissés 48 heures sur place pour sécher avant transformation. On obtient alors une huile essentielle plus fraîche sans aucun relent de chauffe. Depuis une vingtaine d’années à la demande de certains parfumeurs des expériences se sont développées avec une distillation dite « en vert broyé » la plante hachée est traitée sans séchage préalable sur le site de la récolte, dans des cuves mobiles branchées ensuite directement sur une chaudière. On obtient une notre très fraîche, très verte. Le Lavandin et la Lavande sont les plantes à parfum aux huiles essentielles les plus produites en France.


En parfumerie 

Elle entre dans la recette de la fameuse « Aqua mirabilis » de Feminis au XVIIème siècle, qui deviendra plus tard l’eau de Cologne. La Lavande est un des principaux constituants de ce que l’on appelle « l’accord fougère », une famille olfactive constituée de lavande, coumarine, de mousse de chêne et de bois. C’est une note de cœur, mais on peut aussi la trouver en notes de tête dans les compositions fraîches. C’est une odeur boisée (par ses tiges) et très florale quand elle est cueillie en altitude. L’odeur de la lavande séduit beaucoup les hommes, elle est présente dans la plupart des eaux de Cologne masculine. Le miel de Lavande est un miel très parfumé et réputé, en fondant dans la bouche c’est toute la Provence que l’on goûte.


Le basilic, Ocimum sanctum, L. Ocimum basilicum, L. Lamiacées

Son odeur est des plus rafraichissantes, les basilics sont toujours appréciés et valorisés par la culture méditerranéenne. C’est l’odeur de la séduction, qui met en appétit…

A l’origine 

L’ocimum sanctum, le tulsi est la lente sacrée pour les Hindous, dans toutes les cours des maisons un autel lui est consacré. Ses racines symbolisent les pèlerins, sa branche la divinité, sa couronne les Ecritures. Basilic est un terme grec qui signifie « royal ».


Mythes et légendes 
Une légende raconte : La conversion du dernier empereur romain, Constantin, entraîna l’institution du christianisme comme religion d’Etat dans l’Empire romain. Ce dernier avait une mère fort croyante, nommée sainte Hélène. Celle-ci cherchait en vain la croix du Christ. Elle partit à Jérusalem, fouiller partout autour du Golgotha quand elle eut un rêve qui lui conseilla de revenir vers le lieu du supplice et de se laisser guider par un parfum divin. De retour sur les lieux l’air embaumait d’une modeste plante, le basilic. Et c’est sous cette plante qu’elle découvrit la croix. Pour attirer leurs amoureux les courtisanes romaines le cultivaient au bord de leurs fenêtres. On dit que les empereurs grecs étaient baptisés avec de l’eau florale de basilic.


Un peu de botanique 

Originaire de l’Inde il va être ramené par les Arabes qui lui font subir des transformations. Actuellement, il existe 150 espèces et encore plus de variétés, les horticulteurs parviennent à des variétés qui ont une odeur de cannelle, de citron, de camphre, de réglisse.


Son mode d’extraction

Ce sont les parties aériennes de la plante qui intéressent la parfumerie. Comme la plupart des aromatiques, le basilic est distillé à la vapeur d’eau. C’est un liquide limpide, jaune clair caractérisé par une odeur herbacée, épicée et anisée.


En parfumerie 

Deux variétés sont utilisées en parfumerie, le basilic doux à linalol cultivé en Yougoslavie, au Maroc, en Italie et en Espagne utilisé dans la parfumerie de grande classe et celui riche en thymol produit principalement à Madagascar, à la Réunion, en Afrique du sud. Il est utilisé dans la parfumerie bon marché et les savons. Son odeur est très difficile à reproduire synthétiquement. C’est une fraîcheur verte. Il entre dans la composition des eaux fraîches, il renforce le côté zesté. Il peut également être utilisé dans un chypré fruité.


La marjolaine : Oreganum vmarjorana, Lamiacées L.

A l’origine 
Très proche de l’origan par sa composition, elle en est la version cultivée. Alors que l’origan peut se trouver à l’état spontané la marjolaine ne se trouve que cultivée, ici en Europe. Elle est le symbole de la joie, son odeur calme les esprits et soigne le corps.


De l’histoire 

Les Egyptiens en connaissaient déjà l’usage, contre le mal de tête et les troubles nerveux. Les Romains en faisaient un onguent pour l’entretien dentaire. On trouve toujours du dentifrice à l’argile et à la marjolaine. Les bains de marjolaine sont considérés comme toniques, antispasmodiques et bénéfiques pour les problèmes circulatoires.


Un peu de botanique 
Sa tige est droite et frêle, ses feuilles sont opposées et alternes en forme de coques d’où son nom populaire « marjolaine à coques ». De là partent ses fleurs en formes de lèvres de couleur blanche, groupées et petites.


Son mode d’extraction

Il faut 750 kg de tiges et sommités fleuries, fraiches pour obtenir un kg. C’est un liquide jaune pâle à foncé.


En parfumerie 

Elle possède des notes toniques, amères, aromatiques, de foin et épicées. Elle entre comme modérateur dans les compositions herbacées, fougères, épicées.


La Melisse : Melissa officinalis L. Lamiacées

A l’origine
Melissa est le nom grec de la nymphe qui trouva le moyen de recueillir le miel. C’est devenu par extension le nom de l’abeille ; elle est l’aimée des abeilles. Pour augmenter leur production et pour attirer de nouvelles abeilles, les apiculteurs frottent les ruches avec des fleurs de Mélisse. Elle est originaire de l’est du bassin méditerranéen. On la reconnaît à son parfum citronné qui lui donne souvent son pseudonyme de citronnelle.


De l’histoire 

En 1379 quelques années après la création de l’Elixir de la reine de Hongrie, les religieuses de l’abbaye de Saint Just, élaborent pour le roi Charles V la fameuse Eau des Carmes réalisées par les Carmélites, composée essentiellement de Mélisse. Cette eau se fabrique encore actuellement dans les couvents des Carmélites comme dans celui de Venise. Au Moyen-Age, elle est cultivée non seulement en France, au Nord de l’Italie mais aussi en Angleterre, Allemagne et même en Scandinavie. On en parfumait l’eau du bain pour fortifier le corps. Elle est encore cultivée en Suisse, dans le Doubs, en Haute-Saône pour adoucir l’absinthe.


Un peu de botanique 

C’est une plante vivace, elle pousse à l’ombre, au frais sur les lieux habités au pied des murs, et parfois dans les vignes. Ses feuilles de forme ovale, gaufrées, largement dentelées sont d’un vert clair. Quand on les froisse il se dégage une forte odeur de citron. Ses fleurs sont petites, blanches, quelque fois rosées, en forme de lèvres. On la récolte de la St. Jean à la mi-août le matin, quand les dernières gouttes de rosée se sont évaporées. On la sèche par bouquets à l’ombre, ses feuilles ne doivent ni noircir, ni jaunir. Elle conserve sa bonne odeur dès qu’on froisse ses feuilles.


Des usages 

C’est une plante bienfaisante dans les états de trouble nerveux. Elle est bonne pour lutter contre les palpitations, vertiges, insomnies. Elle peut aussi calmer les nausées des femmes enceintes. On l’utilise en infusion, jamais en décoction car elle perd toute sa saveur. A prendre après le repas on peut la mélanger à de la menthe pour faciliter la digestion. Les feuilles de mélisse fraîches hachées menues peuvent aromatiser une salade. En macération pendant 24 heures, 60 grammes de feuilles ajoutées dans un litre de vin est un remontant spécialement destiné aux hommes fatigués à utiliser comme un médicament. Ceci est une recette reprise par Paracelse (médecin et philosophe du XVI -ème siècle).


Son mode d’extraction

Les feuilles sont distillées à la vapeur d’eau, on distille les feuilles fraîches. La Mélisse possède une forte odeur mais elle est très volatile.


En parfumerie

Vu son rendement elle est utilisée par quelques parfumeurs dits de niche. Son parfum frais et citronnée en fait une herbacée particulière, une odeur de terre verte, humide. Elle est donnée en exemple car c’est une plante populaire par ses usages et son odeur mais celle-ci est totalement volatile qu’elle en est insaisissable.


La menthe poivrée, les menthes : Mentha piperita Huds. Labiée La menthe poivrée

A l’origine 

Dérivé du latin mens-mentis signifiant l’esprit, son utilisation à l’époque antique, était de stimuler l’esprit.


La mythologie 

Quant au printemps, Hadès roi des enfers marié à Perséphone, sortit des enfers, il posa son pied sur une touffe de menthe représentée par une nymphe Mintha. Il est aussitôt séduit par cette odeur et se couche sur celle-ci. Déméter, déesse de la connaissance, de l’agriculture, mère de Perséphone, n’admet pas du tout cette attitude. Piétine la menthe, la rend stérile, la condamnant ainsi à se reproduire par des stolons souterrains…


De l’histoire 

Cultivée en grand, vendue dans toutes les pharmacies, la menthe fait partie des plantes les plus reconnues, elle le doit à son parfum. Les plus populaires sont certainement la menthe poivrée et la menthe verte. Elles sont toujours cultivées au pied de la montagne de Lure. En Amérique à l’université de Yale des études ont été faites sur les odeurs, la Lavande remporte la palme de la meilleure odeur alors que la menthe est considérée comme la plus dynamique des aromatiques, rendant ainsi l’esprit des étudiants plus vifs, plus éveillé. Le Japon est le premier producteur mondial de la menthe poivrée. Dans le monde des arômes, le parfum de menthe arrive en troisième place. En tête on trouve la vanille, suivie des agrumes.


Des usages 

Les menthes sont digestives, toniques, stimulantes et antispasmodiques. En infusion, elles ont un pouvoir sur le système nerveux, elles sont donc indiquées en cas d’insomnie, de palpitations, névralgies, crampes, tremblements. Elles combattent la mauvaise haleine, on les emploie dans les cas d’intoxications digestives. A plus forte dose, elles sont indiquées en cas de faiblesse générale. Son huile essentielle est la meilleure pour soigner les indigestions, deux gouttes sur une cuillerée à café de miel. Son usage est réservé aux adultes, elle est trop excitante et irritante pour les enfants, ne jamais faire sentir de l’essence de menthe à un nourrisson, il y a des risques d’asphyxie. En usage externe, en cas d’évanouissement frotter les gencives avec 2-3 gouttes d’essence de menthe. Rappelez-vous l’alcool de menthe que nous administraient nos parents après un repas de fête. Le mouchoir imbibé de deux gouttes d’huile essentielle, que l’on respire contre le mal de voiture.


Un peu de botanique

On ne connaît que huit espèces vraies en Europe, 30 à 40 espèces dans le monde pour 1200 hybrides. Faisant partie de la famille des Labiées, elle possède les mêmes caractéristiques, tige carrée, feuilles opposées, sa fleur en forme de lèvres, composée de deux pétales soudées, très petits.

Les plus connues sont la menthe verte (mentha spicata), hybride de la menthe vraie (mentha suaveolens) et de la menthe sylvestre (mentha longifolia). Elle est aussi appelée aussi menthe nanah, originaire du Liban, elle nous arrive au XII ème siècle par les Croisés.
La menthe poivrée (mentha piperata) est un croisement entre la menthe aquatique (mentha aquatica) et la menthe verte.

Son mode d’extraction

Toutes les menthes fournissent une huile essentielle obtenues par distillation à la vapeur d’eau, des plantes cueillies juste avant leur floraison. Les installations sont parfois rudimentaires, alambic en cuivre, parfois sophistiquées, cuves en inox, selon le lieu de production. C’est en Angleterre à Mitcham que l’on extrait la menthe poivrée la plus fine. Aujourd’hui ce sont les Etas Unis qui sont le plus gros producteur de menthe poivré.


En parfumerie 

La menthe des champs, la menthe pouliot, la menthe crépue et la menthe poivrée sont celles utilisées en parfumerie. Les parfumeurs ont longtemps préféré la menthe poivrée pour sa fraîcheur balsamique. Elle figure souvent dans les eaux masculines car elle est fraîche et vigoureuse. Elle peut accompagner des notes épicées et devenir un genre épicé frais. De nos jours une nouvelle variété arrive sur le marché la menthe villosa, cultivée au sud de l’Espagne et au Maroc. Son huile essentielle est réservée uniquement à la parfumerie. Elle fournit le pennyroyal oil des Anglais. La menthe citronnée peut parfois prendre la place de la Bergamote, du Citron et de l’Orange dans certaines eaux de toilette. Toutes les menthes sont considérées comme des notes de tête.



Le romarin, Rosmarinus officinalis L. Lamiacées

Cette plante est d’une grande richesse d’usages par ses propriétés aromatiques, médicinales et symboliques

Son origine 
Elle pousse à l’état spontané sur tout le pourtour méditerranéen, et jusqu’en Europe centrale. Son nom latin signifie « rosée des mers ». Son feuillage toujours vert était garant de l’immortalité. On raconte que la Vierge Marie et son enfant poursuivie par les soldats romains s’était cachée dans un buisson de romarin.


De l’histoire

Chez les Romains elle servait de gage du souvenir et plus tard pour signifier « je pense à toi ». Les belles de l’Antiquité et jusque tard dans le Moyen-Age, se parfumaient d’huile dans laquelle avaient macéré des fleurs de romarin. Au XIIIème siècle, Arnaud de Villeneuve, médecin à Montpellier, connaissait la distillation de l’essence du pistachier térébinthe et de celle du romarin. Il fut le premier au début du XIVème siècle a isolé l’huile essentielle qui flotte sur la surface de l’eau distillée. Toutes ces propriétés étaient attribuées à l’odeur de la plante chauffée au soleil. Ce fut la première plante à être distillée dans de l’esprit de vin, en 1370 pour la fabrication d’un soin destiné à Isabelle de Hongrie pour lui donner une eau de jouvence qui lui permit de retrouver sa jeunesse et ainsi d’épouser le roi de Pologne. Cet élixir fut appelé « eau de la reine de Hongrie ». Il gardera son prestige durant plusieurs siècles.


Des usages

Cette eau de la reine de Hongrie fut longtemps utilisée comme remède à tout faire, appliquée sur la nuque et sur les tempes : elle augmente la mémoire et calme les esprits. Sur les paupières : elle fortifiait la vue, sur le ventre soulageait les douleurs abdominales. A inhaler dégage les voies respiratoires, calme les bronchites, les sinusites. On pouvait également la boire comme un apéritif, ce qui permettait une purification externe et interne par la vertu aromatique. Il est antiseptique, cicatrisant, parasiticide. Puissant stimulant, il est surtout connu pour son action hépatique, il favorise la sécrétion biliaire. C’est une des meilleures plantes antispasmodique et stimulante. Dépurative, elle peut aider à purifier la peau. Son huile essentielle mélangée à une huile végétale prévient les crampes, décontracte, soigne les foulures. Les fleurs et les feuilles de romarin macérées pendant une nuit fortifient la vue et la mémoire. L’essence de romarin doit toujours être employée, en usage interne, avec modération. Les bains de romarin fortifiants généraux, sont favorables aux hépatiques, et à celles souffrant de troubles de la vue.


Un peu de botanique 

Petit arbrisseau toujours vert, il fait partie des plantes aromatiques et médicinales de la garrigue méditerranéenne. Ses feuilles sont très étroites, coriaces, longues et fines, vertes en dessus et blanches en dessous. Sa floraison faite de petites fleurs bleues, s’étale de février à novembre.


En parfumerie

Le romarin distillé donne un parfum frais et agréable avec des notes résineuses. Le romarin est un buisson qui fait rapidement du bois. Il sert à aromatiser des produits cosmétiques comme les déodorants, et les sels de bains. L’essence des feuilles est plus fine que celle des fleurs. Ses fleurs donnent un miel bien apprécié.


La sauge sclarée, salvia sclarea, L.Lamiacées

Celui qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecins.

C’est dire combien cette plante est chargée d’espoir, elle guérit de nombreux maux, herbe sacrée, offerte aux dieux, brûlée sur les autels.

A l’origine

Sauge, salvia en latin, vient de salvare qui signifie sauver


De l’histoire 

Pendant l’Antiquité, les Egyptiens avaient l’habitude de la boire en infusion pour accroître leur fertilité. Les Grecs, les Romains et les Arabes l’employaient comme tonique et en compresses contre les morsures de serpent. Certaines tribus amérindiennes mélangeaient la sauge, avec de la graisse animale pour soigner les problèmes de peaux. Au Moyen-Age, la sauge l’officinale et la sclarée, sont dans tous les jardins de monastères, pour soigner différents maux. Hildegarde de Bingen nomme la sclarée la reine des plantes aromatiques, la toute bonne. Au XVIIème siècle en Chine on échangeait trois caisses des meilleures feuilles de thé contre une caisse des feuilles de sauge officinale car les chinois la trouvaient plus précieuse par ses vertus que le thé. Les bains de sauge tonifient l’ensemble de l’organisme, activent les glandes endocriniennes, (les ovaires spécialement) et sont indiqués dans l’hypotension. Les sauges officinales et sclarées sont des plantes à œstrogènes reconnues aujourd’hui même dans le monde pharmaceutique.


Un peu de botanique
Il existe plus de 800 espèces de sauge dans le monde. Plus de la moitié viennent d’Amérique du Sud, les autres d’Afrique et d’Asie. En Europe 150 espèces sont commercialisés, une cinquantaine de variétés sont horticoles et complète cette collection. Parmi elles la sauge officinale utilisée davantage comme culinaire et médicinale en infusion. La « sclarée » possède de larges et grandes feuilles velues, d’u vert gris, sa tige est quadrangulaire, épaisse, rigide et droite. Sa hampe florale s’élance vers le ciel elle porte de chaque côté des fleurs assez grosses en forme de lèvres de couleurs pouvant aller du blanc au parme.


Son mode d’extraction 
L’extraction de la Sauge sclarée donne plusieurs produits utilisés en parfumerie. Les parties aériennes de la plante sont cueillies en pleine floraison, elles sont ensuite séchées durant 12 heures afin de permettre à l’eau contenue dans la plante de s’évaporer.


En parfumerie 

Elle a une note tenace, éthérée, herbacée, muscée, ambrée, et porte en elle une odeur chaude, verte, entre animale et végétale. Elle possède également un aspect « thé » qui se marie bien avec les citrus. Elle a également un côté doux, chocolaté qui apporte une note gourmande et orientale. L’absolu développe un côté plus tabac plus lourd car son obtention retient des molécules plus lourdes. On utilise l’absolu dans les parfums chyprés, fougères et orientaux. Alors que l’huile essentielle obtenue par hydrodistillation est plus fraîche, plus volatile.

Retrouvez ces plantes aromatiques dans nos parfums naturels, éthiques et sains.

D’après les recherches de Tachka Sofer

Bibliographie :
Ces recherches ont pu être faites grâce à l’étude des livres suivants :
Le livre des bonnes herbes P. Lieutaghi, éd. Actes Sud
Petite ethnobotanique méditerranéenne P. Lieutaghi, éd. Actes Sud
Lavandes et plantes aromatiques D. Musset, éd. Alpes de Lumière
L’aromathérapie J. Valnet, éd. Maloine S.A version Le livre de Poche
Histoire naturelle et culturelle des plantes à parfum, FR. Aubaille-Sallenave, éd. Ibis
Les parfums E. De Feydeau, éd. Laffont
Les huiles essentielles pour votre santé G. Roulier, éd. Dangles
La mythologie des plantesA.de Gubernatis, éd. Société nat. d’horticulture de France
L’herbier parfumé F. Ghozland et X. Fernandez, éd. Plume de carotte
Quand le parfum portait remède A. Le Guérer, éd. Garde-Temps
L’aromathérapie exactement P. Franchomme et D. Penoëll, éd. Roger Jollois
Les plantes aromatiques et huiles essentielles à Grasse G. Gilly, éd. L’Harmattan